£ternitė

L’éternité n’est pas, comme on le dit trop souvent, la durée sans limite et sans fin. 


Dans son senspropre, l’éternité est purement la négation de la succession, du mouvement et du devenir, c’est le mode d’ existence

d’un être qui, par nature, serait immobile, supérieur et extérieur au temps


Un tel être doit renfermer en lui l’actualité parfaite de toutes les qualités véritables. 

Possédant en lui-même toute qualité, il n’y a aucune raison pour qu’il change, aucune non plus pour qu’il se manifeste en son être aucune défaillance et par conséquent pour qu’il cesse d’être.


L’éternité est donc tout entière en même temps, est tota simul, disaient les scolastiquesElle n’a donc ni commencement, ni fin, par rapport à nous. 


Elle durait infiniment avant nous, c’est l’éternité a parte ante; elle durera infiniment après nous, c’est l’éternité a parte post


Mais ce sont là des façons relatives et anthropomorphiques de s’exprimer. 


En elle-même l’éternité ne souffre aucune relation et aucune distinction; sa durée est immobile, toujours égale et identique à elle-même.


Ce sont là les définitions qui traduisent ce que les philosophes ont entendu par le mot éternité. 


Le concept qui correspond à ce mot a-t-il une réalité dans un être, ou même est-il un véritable concept ? 


C’est là une autre question que chaque philosophie résout selon ces principes.

Les philosophes qui croient que nous ne pouvons former aucune conception qui corresponde à l’absolu on au parfait doivent évidemment dire aussi que nous ne pouvons avoir aucune idée qui corresponde à l’éternité. 


Les philosophes qui ne peuvent concevoir l’existence en dehors du mouvement, qui soutiennent que ce qui ne change pas, ce qui ne se meut pas, ne saurait être, doivent refuser d’admettre que l’éternité pusse être attribuée à aucun être.  

Puisque, par le fait seul qu’il serait éternel, cet être échapperait au changement, et dès lors, à la condition nécessaire de toute existence. 


Seuls peuvent admettre l’existence de l’éternité les philosophes qui, comme Aristote, Saint Thomas,   Descartes,  Leibniz,  mettent dans l’immobilité de l’acte  pur et parfait, l’idéal de l’existence

Il n’y a donc qu’une philosophie qui puisse admettre l’éternité,  c’est une philosophie
 théiste
  et, dans cette philosophie, le seul être qui puisse être véritablement appelė éternel est Dieu.    (G. Fonsegrive).

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